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Reflexions personnelles

Mercredi 8 juillet 2009
Bonjour à toutes et tous,

L'Assemblée Nationale, en ce début d'été, planche sur 2 gros dossiers qui agitent les partis politiques : le travail le dimanche et la nouvelle mouture de la loi Hadopi.

J'essaierai de parler du travail le dimanche dans un autre billet. Celui d'aujourd'hui sera consacré à mon coup de gueule contre Hadopi. En effet, sans faire une étude poussée de la loi et sans avoir la prétention de proposer des tonnes de meilleures solutions, il n'en reste pas moins que quelques éléments sont scandaleux, dont un plus que tous les autres : celui de la "négligence caractérisée".

Faites une recherche sur Google : tapez "pirater wifi" et prenez le premier lien: c'est bon, vous avez toutes les cartes en main pour pirater la connexion de l'un de vos voisins... Dans la masse des utilisateurs du wifi, combien sont calés sur les histoires de clé Wep ou WPA, des codes Mac voire sur la configuration d'un pare-feu ou la bonne utilisation d'un anti malware? Je pense que c'est du chinois pour beaucoup de gens qui ont un antivirus, le code de leur box Internet et puis c'est tout...

Donc si votre voisin, étudiant un peu calé en informatique et un peu ric-rac niveau budget, décide que votre connexion lui serait bien utile pour surfer gratuitement et accessoirement télécharger le dernier blockbuster ou la dernière saison de Dr House... En 2 temps 3 mouvements, il pirate votre connexion et fait ce qu'il veut... D'après la loi Hadopi, vous recevrez mails d'avertissement et lettres recommandés mais vous allez être un peu démuni si vous ne savez pas comment sécuriser votre ordinateur... Au final, vous risquez une suspension de connexion et une amende de 1500€ pour "negligence caractérisée" si vous ne faites rien...

Au delà du fait que, là encore, il vaut mieux posséder de l'héroïne en France que de ne pas savoir sécuriser son Wifi (ça coute moins cher), le principe de pouvoir sanctionner quelqu'un qui est victime (car, rappelons le, pirater une connexion est un délit...) et qui n'a pas forcément toutes les cartes en main pour corriger le problème (sécuriser son Wifi, ce n'est pas aussi simple que changer un pneu...)... Problème qui, soit dit en passant, est insoluble car aucune protection n'est parfaite, particulièrement en informatique... (rappelons le procès qui a lieu actuellement et qui vise des personnes qui ont... piraté le compte bancaire du Président de la République).

Si le principe de sanction des téléchargeurs compulsifs ne me choque pas, bien au contraire, il n'en reste pas moins qu'en l'état, Hadopi a un arrière goût de lobby et de partialité... En effet, il est incontestable que la loi a été pensée pour protéger toute une série d'intermédiaires (majors, distributeurs etc.) qui n'a pas su s'adapter à temps à la montée du net! Pour moi, ça passe très mal car le rôle de l'Etat est d'être totalement impartial , ce qui n'est clairement pas le cas dans cette histoire. Pourquoi ne pas envisager de s'attaquer aux gros outils de téléchargement ? Car s'il restera toujours de gens pour trouver des combines et continuer à télécharger en masse, la masse des internautes ne fera pas la démarche de chercher des forums (payants) pour remplacer e-mule par exemple (enfin, c'est mon avis!).

En gros, une belle usine à gaz est montée, qui dissuadera certainement un certain nombre de personnes de télécharger (surtout après l'envoi des recommandés) mais qu'adviendra-t-il lors des premières condamnations pour "négligence caractérisée" et des premières coupures sanction? Déchainement médiatique et mécontentement populaire massif à prévoir... Deuxième effet kiss cool pour avoir céder aux lobbies de l'industrie du disque...

Terminons sur une note d'humour et surtout : sécurisez votre wifi :)

A bientôt


Castor
Par Castor
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Mardi 7 juillet 2009
Bonjour à toutes et tous,

Une petite anecdote qui m'a profondément énervé.
Aujourd'hui, une personne prise avec 6 grammes d'héroïne par la douane s'en sort avec 60 € d'amende, alors que cette saloperie est certainement l'une des pires drogues qui existe... A l'inverse, vous roulez à 116km/h sur une voie limitée à 110 et vous prenez 68€ d'amende et 1 point sur votre permis... Sans déconner, n'y a-t-il rien qui vous choque?

De même, pour avoir téléchargé des films et des chansons, une internaute a été condamnée à 1200€ d'amende avec sursis et 825€ de dommages et intérêts (1€ par téléchargement)...

Donc aujourd'hui, que vous téléchargiez 60 chansons et spoliez une maison de disques qui a osé vendre les pires singles de la Star Ac à 6 ou 7€ à la grande époque ou que vous vendiez 6 grammes d'héro à un gamin qui va devenir accroc et dont vous allez fusiller la vie, c'est du pareil au même pour l'Etat.

Il ne faut pas chercher plus loin la défiance des français envers leur justice.
Je suis le premier à prôner la responsabilité individuelle de ses actes et, par voie de conséquence, les sanctions quand on contrevient à la loi... Mais je suis dégouté quand je vois qu'il existe 2 poids et 2 mesures bien trop souvent.

Jérôme Kerviel est parti en tôle (préventive) après avoir été pris "la main dans le (gros) sac". Mais quelle menace représentait-il pour la société? Pourquoi ne pas le frapper au portefeuille, tout simplement, surtout si l'on considère que c'est l'âppat du gain qui l'a motivé? Même chose pour Rolland Courbis : franchement, on ferait mieux de garder en prison plus longtemps les violeurs et les assassins....

Notre société est dans une logique de "bouc émissaire"  et de sévérité extrême sur des sujets particuliers (en France, on adore se payer ceux qui ont trempé dans des affaires pas nettes liées à l'argent car l'argent et les riches, c'est moche et sale) et de laxisme sur d'autres : un dealer devrait payer toute sa vie à l'Etat pour les vies qu'il a détruites en participant à ce commerce de la mort...

La logique comptable de notre Etat participe aussi à ce "2 poids, 2 mesures" : c'est, par exemple, Bercy qui a été  à l'origine de la polémique sur l'abaissement de la marge d'erreur des radars (qui ne devrait pas avoir lieu aux dernières nouvelles). N'est il pas scandaleux que ce soient des préoccupations financières qui motivent nos dirigeants quand il s'agit d'installer des radars et non la protection des citoyens? Merde alors, le radar ne doit pas être une nouvelle taxe, une cash machine, mais un outil pour protéger des vies...

Comme dirait Helmut Fritz : "Ca m'énerve".

Et vous?
Par Castor
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Mardi 9 juin 2009
Bonjour à tutti,

A l'heure où une enquête de la Tribune révèle que plus de 10% des arrêts maladies ne sont pas (totalement) justifiés, mais aussi que de plus en plus de personnes se plaignent de se sentir mal dans leur job, un petit dessin humoristique peut être une illustration un peu cynique de cette atmosphère "pesante" :


Il y a aujourd'hui une réelle impression de donner énormément à son job, sans forcément en tirer la reconnaissance ou l'épanouissement escompté... En ce sens, la recherche de la productivité maximale est, à mon sens, une cause majeure de cette tension grandissante et de ce malaise croissant des salariés. Alors oui, il y a certainement des certificats médicaux bidons... Mais on ne peut occulter, dans ces arrêts maladies, l'envie de certains salariés de "couper" un peu avec un job parfois trop stressant.. Rappelons que la France est un des pays où la consommation de psychotropes est la plus importante...

Alors je pense qu'une rélfexion de fond doit être fait sur notre modèle de travail :est il sain que nous ayons autant de jours de congés, un temps de travail hebdomadaire rglementaire aussi faible avec des exigences de résultats toujours accrues? Je ne le crois pas... Il faudra à un moment ou un autre toucher à l'un de ces paramètres pour desserrer la contrainte que porte le salarié toujours plus sur ces épaules.... Les syndicats ont beau se féliciter de l'excellente productivité des travailleurs français, ils n'ont pas compris que c'est une cause majeure des tensions sociales dans notre pays...

Essayons de faire de la vie au travail un espace plus flexible, où chaque salarié peut prendre plus ou moins de temps pour remplir ses objectifs... Un peu moins de vacances pour une vie beaucoup moins stressante? Cela me parait être un compromis + qu'acceptable, non??

A bientôt

Castor
Par Castor
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Vendredi 3 avril 2009
Bonjour à toutes et tous,

La conjoncture économique a déjà été bien meilleure. C'est un euphémisme. Mais si l'on ne parle dans les medias que des déboires des grosses sociétés côtées, des revenus des 40 premiers patrons, du chômage partiel dans l'industrie etc., on parle assez peu des difficultés des PME dans notre pays... Difficultés qui ne datent pas de la crise mais qui sont accrues avec elle...

Il est étonnant de voir à quel point notre pays est paradoxal: une grande majorité des jeunes espère devenir fonctionnaire mais le nouveau statut d'auto-entreprneur qui facilite la création de sa petite entreprise est un succès fou... Notre société déteste les patrons mais loue ses artisans et commerçants, tout comme elle trouve que ses patrons de PME sont souvent estimables...

Il peut être intéressant de comprendre le pourquoi de tels paradoxe, mais là n'est pas le but de cet article. Mon idée concerne bien plus cette incapacité française à le prise de risque et au soutien des PME innovantes. Il est effarant de voir à quels points institutions publiques, privées, associatives etc. restent souvent dans des bonnes intentions, sans réaliser qu'une entreprise ne vit pas d'amour et d'eau fraiche... Que penser quand on organise une réunion tous les 3 mois avec de gros partenaires potentiels, qui, à chaque fois, promettent d'apporter leur soutien concret au projet? Que penser d'organismes touristiques français qui considèrent que tout ce qu'elles font actuellement est largement suffisant et ne daignent même pas remercier pour l'envoi d'un échantillon? Que penser des grosses entreprises privées qui refusent une innovation sans même l'avoir vue alors qu'il n'existe à ce jour aucune alternative et aucun point de comparaison? Que penser des distributeurs qui ne sont même pas prêts à faire un test en dépôt vente sur une période de quelques mois? On le voit bien: l'innovation et la nouveauté "emmerdent" en France. Il faut dire : un produit nouveau, c'est du travail en plus, l'obligation de comprendre l'utilité et le fonctionnement du produit, la néceesité de le présenter au client... Bref, c'est chiant et ça casse la routine... Tant pis si ça peut apporter une valeur au client final, tant pis si ça peut faire gagner de l'argent, tant pis si cela peut aider une PME, tant pis si cela entretient le dynamisme de l'innovation en France... "On est trop vieux maintenant pour prendre de nouveaux produits", voilà la meilleure réplique à laquelle j'ai eu droit...

Alors oui, on peut aider les banques, on peut aider les grosses industries... Mais les réformes de fond devraient permettre de libérer au maximum les freins à l'innovation et contrer cette tendance très française à l'aversion totale au risque (et je dirais même à la nouveauté car quel est le risque pour un distributeur à prendre un produit en dépôt vente? il est nul).

J'ai hâte de voir combien des centaines de milliers d'auto-entrepreneurs auront réussi à péréniser leur activité dans les mois à venir. J'espère que ce sera le maximum mais j'ai des doutes tant les pesanteurs sont grandes dans notre pays.

Mon discours sent peut être la frustration et la déception. Oui, c'est vrai. Mais je pense que mon analyse de la situation est assez proche de la réalité et reflète une grave tendance de notre pays... Alors si je suis le premier à dire que le marché est le juge de paix d'un produit et va déterminer si un produit innovant  mérite de vivre ou de mourir, ce produit doit avoir sa chance et donc pouvoir être confronté au marché... Ce n'est malheureusement pas toujours le cas...

Je soulève le débat avec le cas Heuliez: pensez vous qu'il faille aider cette entreprise? Pour moi oui, car qui savait qu'il pouvait acheter une voiture électrique Heuliez? Pas moi en tout cas...
Autres pistes de réflexion:
- pourquoi ne pas réserver certains marchés publics à des PME?
- comment expliquer que la France soit le premier pays d'accueil de touristes en terme de nombre de visiteurs et seulement le troisième en terme de dépenses par voyageur? J'ai ma théorie mais parlons en d'abord...

A bientôt, merci de votre fidélité et désolé pour ce long silence!!

Castor



Par Castor
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Mercredi 12 novembre 2008
Bonjour à toutes et tous,

Les coincidences sont parfois troublantes et assez ironiques... Je dois avouer que voir un tel article dans le Figaro du jour si peu de temps après mon article sur le livre de Pierre Cahuc fustigeant le côté défiant et incivique de la société française, ça a un côté marrant... si ce n'était point tragique.

A bientôt et surveillez vos portefeuilles :)

Castor

http://www.lefigaro.fr/conso/2008/11/11/05007-20081111ARTFIG00456-les-francais-rois-du-vol-a-l-etalage-.php

Les Français, rois du vol
à l'étalage  

La baisse des contrôles et la meilleure organisation des bandes de délinquants ont fait flamber la fauche dans les magasins.

Carton rouge ! Les Français sont devenus les rois du vol à l'étalage en Europe cette année. La démarque inconnue (avec le personnel indélicat) représente désormais 1,37% du chiffre d'affaires des commerces en France, selon une étude que s'est procurée Le Figaro. «La criminalité dans les magasins représente un impôt de 81 euros par habitant», calcule Matthieu Le Taillandier, directeur général de Checkpoint Systems, commanditaire de l'enquête.

Après cinq années de baisse consécutive jusqu'en 2007, les vols ont à nouveau augmenté : + 2,2%. Cette recrudescence n'est pas liée à la crise du pouvoir d'achat. À preuve, les articles qui disparaissent le plus ne sont pas les produits de première nécessité, mais les bouteilles de J & B et de Ricard, les tubes de rouge à lèvres, les lames de rasoir, les vêtements et les DVD.

Les distributeurs constatent une recrudescence des vols sur les nouveautés dans les jours et semaines suivant leur sortie. Les consoles et jeux Wii, ou encore les exemplaires du dernier Harry Potter se sont «arrachés». Seuls les vols de chaussures et de vêtements de sports sont en baisse, chez les distributeurs spécialisés notamment.

 

Caméras et repérage

D'où vient cette flambée ? «Certains distributeurs ont réduit leurs dépenses de sécurité pour redresser leurs marges, assure Matthieu Le Taillandier. Moins surveillés, les délinquants passent plus facilement à l'action.» Le phénomène ne devrait pas s'arrêter puisqu'une grande enseigne vient de supprimer la surveillance vidéo dans ses hypermarchés et de réduire le nombre de vigiles postés derrière les caisses. Par ailleurs, afin de booster le chiffre d'affaires de leurs rayons DVD et textile, certains distributeurs ont supprimé les systèmes antivol, qui freinaient l'achat. Du coup, ils ont attiré les chapardeurs. Pourtant, il existe des mécanismes de protection qui n'entravent pas les ventes. La Fnac déploie un nouveau système qui permet aux clients de tester en toute sécurité lecteurs MP3, appareils photos numériques, Caméscopes et GPS «Ces derniers sont reliés à un présentoir électrifié afin d'être en état de marche, assure Patrick de La Guéronnière, directeur prévention de la Fnac. Une alarme se déclenche dès que le fil est arraché.»

Autre phénomène, les bandes organisées. Pour y faire face, Cora a installé un système vidéo sur la totalité de la surface de vente de ses magasins et formé ses vigiles à la détection des voyous en repérage. «Nous les gardons en mémoire et les suivons dès leur entrée en magasin lorsqu'ils reviennent », explique David Grard, le responsable de la sécurité de Cora.

Par Castor
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Vendredi 16 mai 2008
Bonjour à toutes et tous,

Après qq semaines d'interruption, le blog du castor reprend du service! Pour commencer, un article de réflexion, engagé fin mai au retour de mon frère en France, et que j'avais laissé en plan pour des raisons de déménagement... Mais le propos garde, je pense, toute son actualité... @ bientôt sur le blog du castor ;)


Hier, j'ai eu le plaisir de retrouver mon frère revenu des USA! Une bonne petite crèperie, de chouettes retrouvailles et de bonnes discussions animées!

Un des thèmes que nous avons abordé fut celui de l'inévitable pouvoir d'achat. Au delà de la polémique suscitée par cette question (j'aimerais qu'on m'explique par exemple comment il peut y avoir un tel problème GLOBAL de pouvoir d'achat dans la société française quand les ventes de matériel informatique ou d'écrans plats explosent, quand la pénétration des téléphones portables et d'Internet haut débit n'a jamais été aussi forte, quand la Française des Jeux ne s'est jamais aussi bien portée ou quand les ventes d'alcool et de clopes restent à des niveaux particulièrement élevés...), la question des produits low cost s'est posée avec cette problématique essentielle: peut on vendre de bons produits toujours moins chers...

C'est un thème que j'ai en partie étudié en Ecole, puisqu'on assiste à de nombreux phénomènes en parallèle: multiplication simultanée des offres "low cost " (abus de langage pour parler des offres moins chères) et  "premium"(qui désignent les offres plutôt "luxes" ou chères ou haut de gamme)  avec de vrais succès des deux côtés(cf. la percée du hard discount alimentaire versus le boom de Nespresso qui est un succès monumental alors que le prix d'un café en utilisant les fameuses capsules est considérablement multiplié!), tentative de retour vers des offres milieux de gamme délaissées depuis quelques temps (le low cost ne payant pas toujours son homme, l'assiette de consommateurs des offres premium étant parfois trop restreinte et la concentration des offres sur les extrêmes pouvant être risqué à plus ou moins long terme), propension des consommateurs à rechercher ce qu'ils considèrent comme le juste prix à payer pour les produits qu'ils achètent etc. Les stratégies de pricing sont donc devenues plus qu'avant des facteurs clés de succès pour les entreprises et impactent profondément les orientations globales d'une firme (prenons l'exemple de la SNCF qui a opté pour un revirement stratégique global particulièrement visible avec sa nouvelle politique de pricing des TGV qui semble porter ses fruits à plusieurs niveaux - rentabilité, mentalité, service etc.- ).

Mes préoccupations portent aujourd'hui principalement sur les offres dites "low cost". Il est clair qu'on assiste depuis quelques temps à une course à la baisse des prix sur un certain nombre de produits ou services (attention, je ne me place pas dans une perspective très court termiste: les forts taux d'inflation actuels ne viennent pas contredire mon propos) (par ailleurs, mon propos ne prend pas en compte certains produits qui subissent une flambée de leurs prix actuellement, notamment l'énergie ou certaines matières premières). Prenons l'exemple des déplacements en avion, des vêtements, de l'informatique etc.: depuis maintenant 10 ans, voire plus, on assiste à une multiplication presque invraisemblable des offres très peu onéreuses, ce qui a amené les consommateurs à réorienter le curseur de leur "juste prix" à la baisse pour ces produits: qui est prêt à payer 1500€ pour un PC "lambda" aujourd'hui alors qu'en 1996, c'était en gros le prix moyen d'un engin mais qu'aujourd'hui, on trouve des portables à 400€? Qui est prêt à payer 3000€ l'aller retour avec les Maldives avec Air Fr quand pour 800€, on peut  faire le même voyage toutes prestations sur places comprises avec vol charter? D'un côté, on peut se réjouir de cette évolution dont nous profitons à plein. Néanmoins, cette course parois effrénée aux bas prix n'est pas sans conséquences...

Il faut essayer de comprendre quels sont les leviers possibles pour arriver à proposer les prix les plus bas pour pouvoir analyser les conséquences positives et négatives de chacun de ces leviers. Essayons d'avoir une analyse exhaustive:
- le premier levier qui me vient à l'esprit, c'est celui de la baisse des couts. C'est le fondement de la stratégie "low cost", popularisée notamment par la compagnie Southwest Airlines dès les années 1970. L'objectif est, en caricaturant, de diminuer les coûts au maximum et donc, de chasser les gaspillages, optimiser les dépenses etc.
- le deuxième levier, qui a un lien avec le premier, est celui de l'augmentation de la productivité/de l'efficacité de l'organisation. Southwest Airlines a mis cette politique en oeuvre en même temps qu'elle baissait ses coûts: l'objectif est d'arriver à une organisation du travail la plus productive possible. Par exemple diminuer le temps de préparation de l'avion entre 2 escales pour augmenter le nombre de rotations possibles etc. L'introduction d'innovations technologiques peut aussi servir ce levier.
- le troisième levier concerne le produit lui même: pour atteindre les prix les plus bas, on peut essayer par exemple de concevoir un produit assez "standard", pas forcément "simpliste" mais dont la conception et la fabrication permet de le vendre à prix réduit. On peut aussi rogner sur la qualité du produit en utilisant des matériaux moins nobles ou en moins grande quantité (épaisseur réduite etc.).

La combinaison équilibrée de ces trois leviers permettrait d'aboutir à une situation "optimale", à savoir un produit de bonne qualité à "bon prix" (ce qui signifie, pour moi, prix suffisant pour que le producteur couvre tous ses coûts et gagne une marge correcte, mais aussi pour que le consommateur ait le sentiment de payer ce "juste prix" si difficile à établir...). Néanmoins, cet équilibre est difficile à trouver et on assiste aujourd'hui à une course effrénée aux bas prix qui poussent à abuser de l'utilisation de tous ces leviers. Celui de la baisse des coûts est certainement le plus symbolique de ce phénomène, et encore accentué par la mondialisation économique: le meilleur exemple est celui des délocalisations dans les pays où le coût de la main d'oeuvre est le moins élevé. Mais je ne m'apensentirai pas sur cet exemple dont on nous parle à longueur de journées et qui est prétexte à toutes les caricatures. Je préfère évoquer cette course à la réduction de dépenses considérées comme inutiles mais qui ont en fait une importance considérable à terme pour l'entreprise. Prenons par exemple les dépenses liées au back office: elles sont souvent les premières concernées par les baisses de dépenses, car elles sont un peu la partie invisible de l'iceberg... Mais à trop tirer sur la corde, elle se tend et risque de casser... Qui n'a jamais pesté contre l'externalisation totale des services informatiques? Pour résoudre un micro problème informatique, il faut souvent passer maintenant par une hotline qui nous envoie à Tombouctou où un opérateur au français hésitant passe 3 heures à vous expliquer comment résoudre le problème... Alors certes, les dépenses en services informatiques ont du être réduites de moitié, mais quid du coût lié à toutes les minutes perdues par les employés pour résoudre ces petites tracas du quotidient? Et quid du coût total de l'insatisfaction des employés, à terme, face à ces situations plus qu'énervantes??? Mais le pire n'est pas là: on assiste, en France en tout cas, à une réduction des dépenses de front office, donc impactant DIRECTEMENT la qualité de la relation aux clients... C'est à mes yeux une évolution dramatique et catastrophique. Allez aujourd'hui flaner dans une grande enseigne, généraliste ou spécialiste: difficile de trouver 1) un vendeur pour vous renseigner et 2) une fois le vendeur trouvé, souvent est il incapable de vous renseigner correctement.... Il faut dire, quand on estime que les vendeurs en magasin sont plus des postes de dépenses que de recettes, on taille dans les effectifs et dans la formation et on aboutit à des situations ubuesques où le client en sait plus que le vendeur. Pour rigoler, je suis aller trois jours de suite au rayon logiciels d'un grand magasin français pour demander conseil sur un antivirus à un vendeur différent tous les jours.. J'ai obtenu 3 conseils différents et pas un seul ne m'a demandé ma configuration matérielle, ma connexion internet, mes habitudes de surf etc... Encore plus drole: pour acheter un discman, dans la même enseigne, un vendeur, pour répondre à une de mes questions, m'a tendu le catalogue de l'enseigne, disponible à l'entrée du magasin... et que j'avais déjà lu! On croit rêver, d'autant plus qu'à l'heure où les consommateurs disposent, via Internet, de nombreuses sources d'information et de comparaison, les vendeurs doivent être, plus que jamais, formés pour apporter un vrai plus et convaincre les clients que les magasins "brick and mortar" (ie "en dur, non virtuels), c'est loin d'être le passé!

Ce billet commence à être long, alors je m'attarderai moins sur les effets pervers des deux autres leviers: il est clair que, concernant l'optimisation de l'organisation, on pousse aujourd'hui le bouchon trop loin, ce qui aboutit à des situations de stress particulièrement fortes chez les salariés, payées cash en arrêt maladie ou en démotivation... Enfin, concernant le levier produit, la recherche du moins disant peut être dramatique, avec la généralisation des enchères inversées dans les appels d'offres ou les scandales d'utilisation de produits avariés dans la fabrication d'autres produits (cf. la mozarella ces derniers temps...).

Pour conclure, je suis convaincu que les situations de concurrence saines permettent d'arriver à des situations profitables à la fois aux producteurs et aux consommateurs. Encore faudrait il que les mentalités de chacun retrouvent une certaine forme de raison qui semble de plus en plus sacrifiée sur l'autel de l'hédonisme, du court terme et du gain/plaisir immédiat. Ainsi, tant que les entreprises ne comprendront pas que le petit jeu de la course à la réduction de toutes les dépenses revient à scier la branche sur laquelle elles sont assises, elles continueront à aller droit dans le mur en gardant cette insouciance coupable qui les tuera... Mais les principaux responsables restent à mes yeux les consommateurs que nous sommes: tant que nous n'arrêterons pas notre frénésie de la recherche de la "bonne affaire" tout le temps et pour tous produit, tant que nous ne ralentirons pas notre désir frénétique de réduire nos dépenses alimentaires à peau de chagrin (et donc à acheter de la merde pas cher, pour parler vrai), tant que nous ne placerons pas le superflu et la satisfaction permanente de nos désirs d'achat en queue de peloton de nos priorités, la situation perdurera voire s'amplifiera, et les scandales liées aux délocalisations, aux pollutions, à la sécurité alimentaire auront encore de beaux jours devant eux...

ET VOUS, QU'EN PENSEZ VOUS???

@ bientôt sur le blog du castor.

Nono

Par Castor
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Mardi 25 mars 2008
Bonjour à toutes et tous,

A l'heure des prouesses d'Alain Bernard qui font jacasser les plus incompétents des journaleux sur la combinaison magique qui fait battre les records (c'est vrai, après tout, Bernard n'était que le 3ème performeur de l'histoire de la natation sur 100m avant son record... à 24 ans...), la grande bataille des JO de Beijing a repris avec une ardeur jusqu'alors inégalée.

Rappel des faits: il y a quelques mois déjà, quelques intellectuels dont l'immanquable BHL, lançaient l'idée d'un boycott des JO de Pékin pour faire pression sur le régime chinois afin qu'il montre un plus grand respect des droits de l'homme. Noyée dans une actualité débordante, l'appel n'avait pas fait grand bruit, même si le principe du boycott revenait périodiquement aux oreilles du public via nombre de personnalités apôtres de la bien-pensance et du politiquement correct. La situation a considérablement changé à l'approches des Jeux et dans un contexte de violences au Tibet. Chaque jour, des cohortes de journalistes, (pseudo) intellectuels,  élites (??) politiques envisagent le boycott des Jeux Olympiques à Pékin... Dans ce magma de pensées réductrice, quelques personnalités osent se distinguer et aller contre cette masse bien pensante. Je pense notamment à Pascal Boniface qui a exprimé, dans Challenges, son opinion selon laquelle il serait inutile de boycotter les JO de Pékin... Mais aujourd'hui, la compétence et la qualité d'analyse ne valent rien face à la médiatisation, le politiquement correct et l'effet de mode...

Attention, je ne nie pas le problème du Tibet... Et je suis tout à fait conscient du caractère dictatorial du régime chinois. Je tiens d'ailleurs à souligner, notamment pour nos élites de gôche, qu'il est impératif d'évoquer le caractère communiste de ce régime, une nouvelle preuve, s'il en était encore besoin, que cette idéologie ne peut conduire qu'au désastre et au drame...Néanmoins, pourquoi se réveiller aujourd'hui alors que les troupes chinoises ont envahi le Tibet en 1950! Rappelons en outre que Jean Jacques Annault, suite à son film "7 ans au Tibet" a été déclaré persona non grata en Chine et je ne me souviens pas qu'à l'époque, on avait fait tout un foin sur le Tibet et son oppression...Idem en 2001 lors de l'attribution des jeux à la Chine... Grand élan de politiquement correct: ça va favoriser la transition démocratique, forcer la Chine à prendre en compte la question des droits de l'homme et autres poncifs tartes à la crème dégoulinant de naiveté... Alors certes, la terrible répression organisée à l'encontre des moines tibétains qui manifestent pacifiquement est proprement scandaleuse et doit être dénoncée... Oui, aussi, à une réflexion sur des moyens d'évoquer les droits de l'homme lors de ces Jeux (j'attends d'ailleurs avec impatience les premières émissions de Jean Jacques Bourdin sur RMC qui sera à Pékin lors des Jeux et a promis de parler des sujets qui fachent... Connaissant son franc parler, cela peut faire des vagues).... Mais NON, cent fois non,à un boycott des Jeux...

Tirons les leçons de l'histoire: les boycotts de Jeux n'ont jamais servi à rien... De plus, pourquoi les sportifs devraient ils payer la note du manque de courage de l'occident vis à vis de la Chine? Beaucoup de sportifs vivent pour les Jeux, certains n'auront qu'une chance d'y participer... De quel droit pouvons nous leur interdire de pratiquer leur métier? Et si on vous interdisait, à vous, de bosser, de gagner votre vie, de pratiquer votre passion, soit disant pour sauver un Tibet qui, de toute façon, ne profitera pas de ces vaines gesticulations... Car, ne soyons pas dupes, même en cas de boycott, la Chine ne changerait pas d'un iota sa politique vis à vis du Tibet... Par contre, personne n'empêche les journalistes de CNN de parler du Tibet sur place... Personne n'empeche Alain Bernard, voire tous les médaillés de l'équipe de France de lever le poing sur le podium... Personne n'empêche Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et Gordon Brown de s'offusquer des décisions ignobles du gouvernement chinois vis à vis de ses opposants.. Et personne ne nous empêche, nous, de ne pas acheter de produits chinois... Ah mais, vous verrez que dans tous les cas, il y aura une bonne raison de ne rien faire.. Surtout de notre part, car, c'est con quand mm, grâce aux chinois qui bossent comme des esclaves dans les usines de Shenzen, on peut gagner en pouvoir d'achat et d'acheter des beaux écrans plats pour nos salons... Peut être est-ce là que le bât blesse... BHL et ses potes inventent la révolution de salon... Merci messieurs... On ne vous félicite pas...

Castor

PS: rappelons qd mm que le Dalai Lama lui mm est contre le boycott...
PS2: e tque deviennent nos amis birmans?
Par Castor
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Dimanche 13 janvier 2008
Dieu bénisse  José Bové. Grâce à l'Astérix du Larzac, nous ne mangerons plus d'OGM cette année. Ah non? Bon ben tant pis alors...

Ami(e) lecteur, toi qui me connais, tu sens l'ironie de mes propos... Eh oui, ce hors la loi invétéré, démago à souhait, pavane aujourd'hui suite à la décision du gouvernement d'interdire la culture des OGM dans notre pays... A l'écouter, c'est grâce à lui et ses amis, les "faucheurs volontaires", et notamment suite à leur grève de la faim que la décision a été prise...

On ne peut cependant qu'être effaré par un tel toupet et un tel culot! La décision était dans l'air depuis un moment... et elle était même plus que d'actualité depuis le fameux Grenelle de l'Environnement (quel nom con quand même...). Et il se murmurait même dans les arcanes du pouvoir que le fameux moratoire serait certainement déclenché en début d'année... En fin calculateur, notre ami Astérix a donc flairé le bon coup pour déclencher sa fameuse grève de la faim pour faire infléchir l'Etat... On voit tout de suite que notre "paysan" (qui, soit dit en passant, ne doit pas avoir trop de travail qux champs compte tenu de son activité militante...) a bien choisi le moment: juste après les fêtes... Pas con le José: de quoi résorber les petits excès de fin d'année tout en étant certain de ne prendre aucun risque grâce aux petites réserves accumulées en décembre... Car il ne pouvait ignorer que la décision de moratoire était imminente... Aujourd'hui, il apparait comme le sauveur de nos assiettes, alors qu'il n'est tout au plus qu'un habile manipulateur, tout particulièrement des media (pourtant si prompts à être taxés de sarkozystes...) (rappelons que José a fait 1,35% des voix à la présidentielle.. C'est dire la bulle spéculative médiatique qui entoure cet anarchiste!)

Mais l'histoire ne s'arrête pas là: aujourd'hui, l'avocat de Bové le Sauveur en vient à demander l'amnistie présidentielle envers tous les faucheurs, sous prétexte qu'après la décision du gouvernement sur les OGM, il était normal d'amnistier ceux qui ne sont plus aujourd'hui hors la loi... Ils n'ont donc même pas la décence d'assumer leurs gestes jusqu'au bout... Car il faut quand même rappeler que certaines des cultures fauchées étaient des cultures scientifiques dont le but était notamment de développer de nouvelles molécules pour la recherche contre la mucoviscidose... Peu de gens ont entendu la détresse de ce père, sur RMC, qui pleurait au téléphone (dans l'émission de Bourdin je crois) en s'adressant à M Bové, alors invité, car son fils est atteint de la mucoviscidose et que le comportement irresponsable de l'alter mondialiste avait peut être condamné à mort son enfant...
Un petit lien pour évoquer le sujet:
http://groups.google.com/group/fr.soc.politique/browse_thread/thread/daf7f87e5f801eed/5faee200d8b598f8

Pour finir, je dois préciser que je ne suis pas à fond pour les OGM.. Je pense néanmoins qu'il est nécessaire de faire des recherches dessus car c'est peut être une solution aux défis de demain (surpopulation terrestre, réchauffement climatique etc.). Or, ce qui me gêne avec José Bové et ses potes, c'est que ce sont des idéologues, foncièrement d'extrême gauche, anti capitalistes, qui vont à l'encontre du progrès scientifique... En outre, le simple fait de démonter un Mc Do sous prétexte de dénoncer la malbouffe est, pour moi, le meilleur moyen de se décrédibiliser (soit dit en passant, je connais quelques bouiboui bien de chez nous où là, pour le coup, on peut parler de vraie malbouffe, surtout si on en sort vivant ou sans une bonne intoxication alimentaire...). Qu'auraient fait ces gens lors de la découverte du radium ou de la vaccination? On en vient là à la question du champ du principe de précaution... Libre à vous de débattre sur le sujet dans les commentaires :)

A bientôt

Castor



Par Castor
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Vendredi 26 octobre 2007

Ces temps ci, il est facile d’accumuler les griefs contre la SNCF ou sa petite soeur la RATP. C’est en tout cas ce qui arrive à votre serviteur qui, après pèle mele les fournisseurs d’accès à Internet, la LMDE, l’administration fiscale ou Orange, a trouvé un nouvel adversaire avec qui entamé une lutte acharnée… En ces périodes de Grenelle de l’environnement où le rail est porté aux nues, je dois bien reconnaître que si je partage les constats, je suis loin de partager l’enthousiasme au vue des difficultés accumulées depuis mon départ en Allemagne…

 

Une petit résumé s’impose : mon choix de Karlsruhe avait été, entre autres, dicté par la mise en service du TGV Est, nouveau fleuron de notre belle compagnie des trains. Il faut dire : 3h pour un Paris Karlsruhe, à 29 euros en tarif prem’s, ca a de quoi attirer le chaland et appater l’étudiant. Mais première douche froide : attraper un billet prem’s, c’est comme réussir à obtenir un billet pour l’unique concert de Mc Cartney à l’Olympia : il faut se lever tot… ou avoir une vision très long terme de son emploi du temps. Car à l’heure où notre chère SNCF se veut la garante du service public à la francaise, ca ne l’empeche pas d’adopter les « best practice » du privé au sein de sa stratégie de pricing... Le yield management fait donc son apparition dès octobre à la SNCF ce qui, contrairement à ce que nous disent les managers souriants de notre chère compagnie des trains, est loin de n’avoir que des avantages pour les clients (euh, pardon, usagers, on dit usagers) que nous sommes. Car, en gros, son but est d’augmenter le taux de remplissage des trains en adoptant une politique plus complexe et plus « restrictive » de prix… d’où, en conclusion, un prix bien plus élevé pour le consommateur s’il réserve plus tard et/ou s’il n’a pas de carte de fidélité et/ou s’il voyage à des périodes pleines… Tout ca pour dire que les bons usagers que nous sommes payons aujourd’hui plus cher pour prendre le TGV… Soit, pourquoi pas si la prestation de service s’améliore… Las… Que n’ai-je pensé là : sur la petite dizaine de voyage que j’ai pour l’instant réalisée sur la ligne Est, 4 n’ont eu aucun retard, 2 un retard minime (5 minutes), 2 un retard conséquent (15-20 minutes) et 2 importants (30 minutes)… Vous me direz qu’on n’est pas à 30 minutes près, ce à quoi je réponds : certes, mais quand tu payes toujours plus cher, tu es globalement en droit d’exiger un respect de la prestation à laquelle tu as souscrit. Quand, par ailleurs, on vient te dire que tout remboursement est impossible car le train avait 28 minutes de retard et non 30, et que si t’es pas content c’est pareil, ca a de quoi énerver, surtout quand il est 23h et qu’on a loupé son RER de 10 minutes et que le suivant arrive dans 15 minutes (oui, c’est du vécu). Ajoutons à cela des pratiques commerciales scandaleuses (si tu ne recois pas ton billet de train commandé sur le net chez toi pour une raison X ou Y, tu dois repayer le billet une deuxième fois et attendre le remboursement de ce 2ème billet sous 45 jours !!! Si, c’est véridique, j’en ai fait l’amère expérience, avec en + la petite pointe de suspicion non dissimulée et très énervante du guichetier quand tu lui dit que tu n’as pas recu le billet chez toi…) et alors là, on craque et on se dit que c’est grace à des entreprises comme celle la que le plus communistes des usagers peut devenir le plus libéral des clients, à prier pour une ouverture à la concurrence pour en finir avec cette situation ubuesque… Alors quand à ces contrariétés sommes toutes mineures, entendons nous bien (je ne décris pas ma vie comme un enfer juste pour 30 minutes de perdues au milieu d’une voie ferrée de la Champagne chevelue….) s’ajoute la grève du 18 octobre, c’est le pompon qui fait déborder la goutte qui roule dans le vase et n’amasse pas mousse… Imaginez la scène : Bourg la Reine, 20h, gare RER fermée, bus ne circulant plus et taxis pris d’assaut donc indisponibles jusqu’à une heure indéterminée… Eh bien c’est un grand moment de solitude, et l’on se trouve aussitôt en proie à une poussée non controlée de pulsions enragées envers toute forme de fonctionnaires, agents de conduite ou syndicaliste !

 

Bref, pourquoi cette litanie qui commence un peu à nous casser les roupettes, car bon, on n’a pas 2 heures à passer sur ton blog, putain, viens en à la conclusion…

 

Ma conclusion, c’est que je suis de plus en plus pessimiste sur la possibilité de redonner à la France un élan, une envie…L’exemple de la SNCF est symptomatique de cette crainte : loin de nous faire préférer le train, elle cristallise les tensions entre groupes sociaux et symbolise la pesanteur de l’Etat qui peine à transformer la boite en une entreprise aux performances conformes aux attentes de ses clients…. Et je crains que ce gouvernement soit incapable d’insuffler une tendance de fond dans notre pays : si les réformes existent, elles ne sont pas à la hauteur, pour l’instant, des défis auxquels nous sommes confrontés (cf. réformette de l’université, cf. la tempete dans un verre d’eau sur les tests ADN, cf. le paquet fiscal à l’efficacité plus que douteuse etc.). Il faudrait un jour un homme politique capable de nous mettre, nous, citoyens, face à nos responsabilités, de nous inciter à réaliser notre autocritique… Le raleur invétéré que je suis gagnerait à voir quel est son apport envers la société, les autres, la communauté, la nation, quels sont ses manques, quels sont ses faiblesses et ses points d’amélioration possibles… Bref, j’attends un politicien qui soit prêt à nous faire sortir la poutre de notre œil pour nous permettre d’arriver à une société stable, pérenne et confiante. Cela suppose surtout et avant tout des efforts voire des sacrifices, individuels et collectifs. Or, qui peut affirmer que nous sommes aujourd’hui prets à les faire ?

 

 

PS : désolé du cote pele mele de l’article mais c’est une réflexion que je suis encore en train de mener… et qui est prete à accueillir toutes vos suggestions !

 

 

Par Castor
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Jeudi 8 mars 2007
Bonjour a toutes et tous


    Ces derniers temps, je me suis lance dans une quete qui, je l'esperais, allait me permettre de parfaire mes connaissances et accroitre ma capacite d'analyse et de comprehension du monde qui m'entoure. Cette quete se resume en un mot : debattre. C'est pourquoi j'ai eu l'idee de passer sur des blogs politiques, pour y trouver des interlocuteurs avec qui debattre de sujets  brulants: economie, societe, Defense, diplomatie ou education. Et ma deception fut a la hauteur de mes attentes : immenses.

    Premier probleme majeur : l'ecoute mutuelle. Inutile de dire que ce n'est pas le fort sur ce genre de blog. Chacun ne repond qu'aux bouts de phrase qui l'interesse, tirant parfois les propos de leur contexte ou faisant a tout bout de champ des proces d'intention... Et, bizarrement, ce sont ceux qui pronent le + la tolerance qui s'appliquent le moins les valeurs qu'ils defendent... Pas de liberte pour les ennemis de le liberte, tel est un slogan qui doit leur plaire! Pourtant, la plupart se revendique du groupe des forces de progres (les autres faisant partie d'un magma de forces de regression ou, au mieux, de stagnation)... mais pas de progres dans l'ecoute et le respect apparemment!

   Deuxieme probleme essentiel: bizarrement, tout le monde est devenu expert en tout! Internet est, dans ce cas, un immense outil biaise puisque n'importe qui qui tape 3 mots dans google et sort le premier lien venu qui soutient sa these pense avoir gagne le debat! Quelle tristesse... Plus personne ne verifie ses sources... Et quand bien meme tu apportes un article, pertinent, choisi pour ses qualites objectives et pour la neutralite de son auteur, on te dira que tu es biaise et que c'est faux sans autre forme de proces. Et puis il y a Saint Wikipedia... Si genial... Et si Wiki le dit, c'est que c'est vrai... Ne vous meprenez pas, je ne conteste pas les qualites de Wikipedia, dont je suis un utilisateur recurrent et dont la qualite est indeniable. Mais sur certains themes, qui touchent notamment a la politique et aux secteurs qu'elle concerne, Wikipedia doit etre pris avec des pincettes. Je vous mets des liens sur qq problemes recents : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-651865,36-859417@51-858924,0.html

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-880852,0.html

   Troisieme probleme: le sens du debat. Pour moi, la richesse d'un debat vient du fait que chacun expose des arguments et que, au vue de ces arguments, tout le monde essaie de progresser ensemble vers une conclusion commune. Cela suppose d'etre capable d'evoluer, d'integrer les arguments des autres, les reconnaitre valides quand c'est le cas et savoir mettre de l'eau dans son vin quand on a visiblement tort. Or, la plupart du temps, c'est une bataille d'ordre rethorique qui se joue, le dogmatisme etant de mise et entrainant les retheurs dans une guerre de tranchees steriles. Il n'y a rien de plus affreux que de voir un argument valide sorti de son contexte par un retheur qui, par quelques artifices de langue, va demonter ton argument sans rien prouver...

    Vous aurez donc percu une certaine colere et frustration derriere mes propos... C'est tout a fait exact... Mais quand on arrive sur un site pour debattre, ouvert et plein de bonnes volontes, et qu'on tombe sur des foyers d'intolerance et de mepris, il y a de quoi etre decu. Personnellement, j'aime assez peu etre insulter pour mes convictions. Surtout que je pense etre assez ouvert aux critiques et pret a changer d'avis si on argumente sur le fond. Pour preuve, rendez vous sur ce site : http://umpsciencespo.hautetfort.com/   Il s'agit du site des jeunes UMP Sc Po ou j'ai qq amis et ou je pensais trouver un espace de debat serein. Vous constaterez par vous meme que les adversaires politiques du candidat UMP font montre d'une honnetete et d'un respect qui n'honnore ni leur mouvement, ni leur personne.

Vive le vrai debat, et vive la tolerance.

Castor enerve

Par Castor
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