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Texte Libre

Vendredi 26 janvier 2007

Bonjour a toutes et tous !

    Aujourd'hui, petit tour d'horizon de la publicite au pays de la consommation de masse. Car s'il est une chose qui frappe des qu'on allume la tele, c'est la quantite de pub que l'on voit. Faire un tour des 90 chaines cablees permet de se rendre compte qu'il ya tout le temps de la publicite. Encore plus que sur TF1, c'est ici que l'expression "vendre des parts de cerveau a Coca" prend tout son sens... Prenons quelques exemples bien representatifs pour illustrer mes propos...

Tout d'abord, vous prenez le programme tele : il est d'une simplicite extreme. La ou, en France, le programme peut servir de questions pieges a la JAPD (lol), ici, rien de plus basique : tout est decoupe en tranches d'une demi heure... Et la publicite a pour but de faire que tout film ou toute emission tienne dans X blocs de 30 minutes... Ainsi, tout film de 2h10 durera au minimum 2h30 avec la pub (voire 3h)... Imaginez que vous regardez un film bien bien long : ca devient vite tres gavant car tres tres long (exemple : Forrest Gump, qui passe au moins une fois par mois, vous commencez a 21h et vous finissez a minuit). Bon le seul avantage, c'est qu'il n'y a pas lieu de se prendre la tete sur l'heure de debut d'un programme... Mais quand on voit qu'un episode de 24 dure vraiment 1h (contre 45 min en France) a cause des coupures pub (vous savez, quand vous voyez le chrono apparaitre et qu'il y a un saut dans le temps... eh bien aux US, c'est qu'il y a une coupure pub correspondant au temps ecoule...).

Ce qui m'amene a mon deuxieme point : qu'il est alors penible, mais penible de voir la publicite s'incruster a tous les moments "de temps morts" a la tele. Prenez un match de basket et imaginez qu'a toutes les pauses (fin de quart temps, temps mort etc.), on vous colle une page de pub, souvent la meme d'ailleurs (apres avoir vu 25 fois la pub pour la Bud light en 2h, je dois avouer qu'on a plus envie de boire de l'eau que de la biere tellement on s'est senti agresse...). Sincerement, a la fin, on pete son cable et on eteint la tele tant c'est insupportable. Alors on se dit : "tiens, je vais prendre mon journal, le Virginian Pilot du jour (NDLR : c'est le journal local, équivalent du parisien ou de Nice matin... du grand journalisme quoi)". Et la, on voit les quantites de pubs fournies avec notre journal (et je vous jure : le samedi, le programme tele est planque au milieu des 30 prospectus, de sorte que tu es oblige de les voir si tu veux avoir ton programme... vous me direz : pour ce qu'il y a a la tele, cela vaut-il le coup de lutter? Je vous repondrai alors: certes, c'est un vrai probleme mais vous detournez le debat lol). Bref, tout ca pour dire que la publicite ici, bien plus qu'en France, matraque le citoyen-consommateur tout le temps (la lancinante pub pour la Maaf ferait ici bien pale figure...) et partout (d'autant plus que, a la tele par exemple, la pub fonctionne sur la strategie du pop up: pas d'intro, pas de conclu, elle arrive, brute, avant les meilleurs moments du film...)

Dernier point : le contenu des pubs. Ici, on est vraiment dans le domaine du paradoxe car on trouve vraiment les extremes dans leurs publicites : on a le plus mielleux et cucu la praline possible (tirer la larmichette du client, il n'y a rien de mieux pour faire vendre), mais aussi le plus hilarant parfois, avec une touche de second degre que nous n'avons que trop rarement en France. La grande majorite de ces pubs concernent les assurances, les voitures et les boissons. Et au milieu, on trouve un magma de publicites pour de la nourriture, toutes plus degoulinantes en huile, friture, glace ou ketchup les unes que les autres...

Pour conclure, ce petit article n'a pas la pretention de l'objectivite, bien entendu. Il n'est que mon ressenti perso apres un temps non negligable passe chez l'autochtone (et il est vrai que je suis pas un 'commercials addict' loin s'en faut...) Et au dela la description  assez basique que j'ai pu donner ci-avant, mon but est de montrer a quel point la societe americaine est devenue une societe d'hyper consommation, quasi frenetique. Et si la publicite est un bon moyen d'orienter les gens en ce sens, le moteur de cette tendance est le credit, accorde tres facilement et a presque tout le monde. On comprend donc pourquoi les problemes d'environnement et de protection des ressources mettront un certain temps a devenir une preoccupation nationale...

A bientot

Castor

par Castor publié dans : Analyses sur les US
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Jeudi 25 janvier 2007
No comment...



Vu qu'on voit pas super bien, il s'agit d'une super offre speciale : pour l'achat d'une magnifique pizza peperroni, Papa Johns vous offre des batons de pain au parmesan et a l'ail, ainsi que de la sauce pizza pour les tremper...
Faut pas s'etonner apres...
par Castor publié dans : Anecdotes sur les US
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Jeudi 25 janvier 2007
Bonjour a toutes et tous !



Aujourd'hui, petite chronique sur une ville que j'ai visitee cet ete, et qui est au coeur de l'histoire et de la vie americaine : Boston. Cette ville est particulierement interessant a etudier a tous points de vue : historique, geographique, culturel ou economique. D'ailleurs, loin de moi l'idee d'etre exhaustif car il faudrait bien plus qu'un article de blog pour donner une bonne image de la ville. C'est pourquoi,pour ceux qui veulent en savoir plus, je conseille le tres bon article sur Boston dans Wikipedia, extremement complet sur tous les plans. Je me contenterai pour ma part de vous donner ma perception de la ville, a travers mon schema de pensee europeen.

Premiere impression quand on arrive a Boston : on est loin des standards americains, mais bien plus proche de la ville europeenne. Un centre ville, des rues etroites avec des gens qui marchent sur les trottoirs... Ca peut preter a sourire, mais toute la region de Norfolk est construite autour de l'utilisation de la voiture. Et beaucoup de villes sont ainsi baties : meme leurs cnetres commerciaux, ces fameux "mall" ne peuvent etre parcourus a pied, a moins de vouloir passer 12h a faire les magasins... A Boston, donc, on se croirait plus a Londres par exemple, sans les bus et les cabines telephoniques. Mais avec pleins d'ecureuils aussi et 2 fois plus de Starbucks lol

Deuxieme impression : le melange de modernite et d'histoire. On est frappe par l'imbrication des monuments anciens et des batiments recents, les gratte ciel cotoyant les maisons d'epoque coloniale. Cette petite photo le montre assez bien. D'ailleurs, suivre le "freedom trail", long chemin, marque d'une ligne rouge au sol a travers la ville, qui permet d'aller de monuments en monuments, est un bon moyen de s'impregner de cette atmosphere assez etrange, melant a la fois modeles europeens et americians...

Troisieme impression : cette ville est un musee de toute l'histoire americaine. Tout le monde connaite la celebre Boston Tea Party, veritable point de depart de la rebellion americaine contre le joug anglais. Boston a donc ete un lieu central de la guerre d'independance. Mais pas seulement. Boston a ete au coeur de la guerre d'independance, avec la proclamation du premier discours contre l'esclavage au coeur d'une des plus vieilles eglises des Etats-Unis (cf. photo). Boston a aussi vu naitre le celebre Benjamin Franklin. Elle abrite aussi le plus vieux 3 mats encore capable de naviguer (l'USS Constitution, voir photo ci-dessus). Au 19eme siecle, Boston a ete, avec New York, la principale ville d'accueil des immigres europeens. C'est pourquoi les communautes italienne et irlandaise y sont si fortement presentes (cf. le club de basket des Boston Celtics...ou cette charmante boutique, en plein quartier italien debut aout, avec ses posters de la squaddra azzura championne du monde et ses tee shirts "France sucks"...charmant lol).

Pour terminer ce petit article, je dois bien avouer que j'ai ete vraiment fascine par cette ville mythique. Contrairement a beaucoup de villes americaines "aseptisees", on ressent vraiment ici le poids de l'histoire, l'influence europeenne ou une culture forte. La presence a quelques lieux de la de Harvard ou du MIT, veritables fiertes de la ville, y sont peut etre aussi pour quelque chose. Alors si vous avez l'occasion, arretez vous a Boston, vous ne le regretterez pas!

A tres bientot

Castor
par Castor publié dans : Visites
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Mercredi 17 janvier 2007
Bonjour a toutes et tous !

    Suite a l'article d'hier sur les idees fausses, il m'est venu l'idee d'engager une reflexion sur le travail. En effet, c'est avec un oeil neuf que je decouvre le monde du travail americain, qui est bien differet du systeme francais et qui, s'il n'est pas parfait, pourrait donner des idees afin de reconcilier les francais et leur travail (je dis bien "leur" et non pas "le" travail car je ne fais pas partie de ceux qui croit que les francais sont nes avec un poil dans la main...)

    La premiere chose qui frappe ici, c'est l'importance du travail dans la societe: celui-ci apparait comme LE parametre determinant de l'appartenance a la communaute de citoyens. Et il n'est pas bien vu d'avoir 25 ans et d'etre chomeur quand a tous les coins de rue fleurissent des panneaux "help wanted". Car le systeme economique americain est fait de telle sorte que le facteur travail est tres flexible ce qui incite les entreprises a embaucher. Il est vrai qu'il n'y a que la CGT qui est choquee qu'un entrepreneur, avant de lancer un projet, pense aux conditions de licenciement des salaries en cas de pepin : quand on achete une voiture, on s'assure contre les accidents, c'est pas pour ca qu'on va en avoir; pour l'entrepreneur c'est pareil : penser aux conditions de licenciement, ca fait partie des etapes essentielles pour vibiliser un projet. Regardez aux USA : dans l'ensemble du jour au lendemain, on peut etre vire si le boss est mecontent de ton travail; mais si tu es bon, pourquoi te virerait il ? C'est ce qui explique la fluidite du marche du travail aux Etats Unis : les entreprises n'ont pas peur des erreurs de casting a l'embauche... Ce qui au final est benefique pour les employes : tu peux faire marcher la concurrence: dans la boite ou je suis, les cadres se succedent tres regulierement, la plupart partant pour un job mieux remunere, souvent sans prevenir. C'est la loi du marche, et les entreprises doivent s'adapter au jeu et etre competitrice pour attirer les bons salaries. Car la est aussi la cle : il faut etre bon. Mais pour etre bon, il faut travailler. Et ici, on recompense TOUJOURS le travail accompli...

    Cela m'amene au deuxieme point : n'y a t il pourtant pas un disfonctionnement majeur du systeme americain qui, s'il cree des emplois et fluidifie l'offre et la demande de travail, propose beaucoup d'emplois tres peu qualifies et d'autres tres qualifies? Je repondrai OUi et c'est pourquoi ce systeme est loin d'etre la panacee. Car le tres faible taux de chomage annonce cache une realite peu reluisante : le nombre d'emplois precaires est considerable. Ainsi, des "baggers" dans les supermarches (qui mettent vos courses dans les sacs et poussent votre chariot jusqu'a la voiture) au gardien de parking, nombreux sont ceux qui ont un petit emploi qui ne suffit pas a subvenir a leur besoin et sont donc oblige de se salarier une deuxieme fois... Ce n'est pas tolerable si l'on considere que le but d'un systeme economique est, au final, le bien etre de ses membres. Cela fait encore plus de peine quand on voit que 50% des baggers par exemple sont des personnes agees : s'il est vrai que certaines de ces personnes font cela par envie (la retraite, c'est pas pour moi clament ils), la plupart y trouvent un complement de revenus indispensable a leur maigre retraite... Et l'on refuse de laisser la mamie de 75 ans porter le pack d'eau que l'on vient d'acheter contre 2 dollars...

    C'est pourquoi je pense qu'un equilibre pourrait etre trouve et qu'incorporer des concepts americains dans notre conception du travail permettrait peut etre de combattre le fleau du chomage dans notre pays. Ainsi, je pense qu'il faufrait abaisser le poids de la fiscalite aux entreprises et flexibiliser le facteur travail (licenciement plus facile, plus de travail pour ceux qui veulent gagner plus, travail le dimanche sur la base du volontariat etc.) tout en conservant des garde fou efficaces et dissuasifs (35h doit rester la norme et non une obligation a tous les salaries,  idem pour le travail le dimanche: cela ne doit pas etre une condition a l'embauche ou a l'avancement, les contrevenants devant etre DUREMENT sanctionne). Car la flexibilite du travail par exemple doit etre dans les deux sens : plus de souplesse pour l'entreprise et plus de souplesse pour le salarie ( dans le choix de ses horaires par exemple). Il est intolerable aujourd'hui de voir la pression mise sur les salaries au travail. Et prenez le cas des stagiaires qui sont payes pour la plupart 350 euros pour bosser comme un salarie normal :de tels abus doivent cesser. C'est d'ailleurs la que l'Etat doit jouer son role : s'assurer que la richesse laissee a l'entreprise profite aux salaries et a l'economie. Et s'assurer aussi que ceux qui sont ejectes du systeme puissent l'integrer a nouveau. Or ce n'est pas le cas aujourd'hui : notre pays a des emplois non pourvus avec 3 millions de chomeurs sans perspectives car beaucoup ne recoivent pas de formation adequate, en concordance avec l'offre de travail...Cherchez l'erreur...

    Pour conclure, je dirais que la cle de tout, en France, est de revaloriser l'idee meme de travail. Car elle nous a ete presentee pendant des annees comme une alienation, un mal necessaire (j'en veux pour preuve les politiques successives de reduction du temps de travail, nous donnant a tous, de force, du temps pour les loisirs que de toute facon, beaucoup ne peuvent utiliser par manque de moyens...). Or, si je peux choisir mes horaires pour pouvoir m'occuper de ma famille ou gagner plus en cas de depense importante a realiser ou si je sais que je trouverai quasi certainement un travail qui valorisera mes competences, a tout moment de la vie, j'aurais du travail une bien meilleure opinion: celle d'un acte de la vie qui me permet de m'epanouir et d'utiliser mon potentiel.

A bientot

Castor
par Castor publié dans : Reflexions personnelles
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Lundi 15 janvier 2007
Bonjour a toutes et tous !

    Ca y est, voila la deuxieme partie de ma vision perso des USA. En avant pour ce que je considere comme des idees fausses que nous pouvons avoir, nous, francais, sur ce pays que nous connaissons finalement assez mal ou de facon biaisee par le prisme mediatique relativement anti-americain, ou, au moins, americano-sceptique...

    A mon sens, les idees fausses sont nombreuses sur nos voisins d'outre-atlantique. Peut etre meme plus importante que les idees vraies. Ou, en tout cas, plus surprenante. En voici un petit apercu, non exhaustif encore une fois, bien entendu...

    Premiere idee fausse : le gap technologique. Je ne suis pas competent pour juger de la pertinence de cette expression d'un point de vue "macroeconomique" mais dans la vie courante, il est inexistant voire inverse. Tour d'horizon insolite : l'electromenager d'abord;
pas d'aspirateur comme chez nous, petits et maniables, seulement des appareils d'une piece comme sur la photo. Ah, ca c'est magnifique : dans leurs maisons a 1, 2 ou 3 etages, imaginez le bonheur que c'est pour nettoyer les escaliers... Technologie supreme : certains, comme le modele ici present, disposent d'un petit phare frontal qui permet de voir la poussiere... qu'on ne peut aspirer lol Et il en va de meme pour la machine a laver, autre exemple symptomatique : prenez les laveuses du debut du siecle, qui frappaient le linge (je serais incapable de vous dire pourquoi mais bon); eh bien les machines ici, elles font la meme chose, vous labourant tout beau vetement que vous auriez pu malencontreusement oublie dans votre linge sale ! Comble du comble, les machines ne chauffent pas l'eau : elles prennent directement l'eau chaude des canalisations (donc pour un lavage a 70, c'est pas toujours facile). Ces petits exemples tendent a montrer une chose : sur des objets/comportements relativement communs, c'est le conservatisme qui prime... Cette tendance est d'autant plus paradoxale que sur d'autres produits, la course a l'innovation est lancee (ecrans plats toujours plus plats etc.) mais on a la vague impression d'etre dans un monde melant 21eme siecle et fifties (essayez de prendre le train pour rigoler un coup... A mon avis, ca a pas trop change depuis Dr Quinn lol)

    Deuxieme idee fausse : les Americains travaillent comme des dingues. Je ne me prononcerai pas concernant les cadres de banques ou de cabinets d'avocats de New York qui n'ont certainement pas la vie facile. Mais dans l'ensemble, les horaires sont de l'ordre du 8h30-17h. Soit en gros 40h par semaine. Avec la contrepartie d'avoir, par contre, moins de jours de vacances... Ce qui explique la difference relativement enorme entre le temps de travail annuel en France et aux USA... Cela pose, je pense, une question de fond sur le systeme francais : beaucoup de gens sont loins des 35h... et avec le grand nombre de jours de vacances, la pression au travail augmente, la productivite par travailleur etant, dans notre pays, l'une des plus haute au monde. N'est il pas pourtant meilleur, d'un point de vue qualite de vie, de disposer de plus de temps, le soir, pour sa famille, ses activites, ses loisirs ? Pour experimenter ce systeme actuellement, je dois bien dire que je penche en faveur du systeme americain...

    Troisieme idee fausse : les Americains n'aiment pas les Francais. Eh bien contre toute attente, tout le monde ne regarde pas Fox News et la propagande anti-francaise menee au moment de la guerre d'Irak n'a pas eu l'ampleur qu'on a pu montrer en France. Ainsi, impossible de rencontrer un seul de ces fameux restos qui ont debaptise les "French fries" en "Freedom fries" (et pourtant, on en a vu des restos, et parfois dans l'Amerique plutot profonde...) : vu de France pourtant, c'etait un evenement generalise... Et il n'est pas rare du tout de rencontrer grand nombre de personnes francophiles, ayant souvent meme un bon niveau de francais... Cependant, cette constatation vaut surtout pour les couches les plus "aisees" de la societe (ou, du moins , les plus eduquees).

    Quatrieme idee fausse : les Americains ne font rien pour l'environnement. S'il est incontestable que le comportement de l'Etat federal americain est indigne de son statut de premiere puissance mondiale et donc de "modele" (qu'on le veuille on non...) dans le domaine de l'environnement (tout comme celui de nombreuses grandes entreprises, je pense notamment au lobby petrolier), il est injuste de condamner en bloc tous les citoyens. Car les Etats, individuellement, font parfois beaucoup plus que certains pays europeens en terme de reglementation : prenez la Californie du gouverneur Schwartzie (qu'on a trop vite voulu nous presenter comme un decerebre a la solde du president en place et qui demontre aujourd'hui un pragmatisme et des convictions certains...). Elle est a la pointe en terme de lutte contre la pollution (cliquez sur le lien suivant pour en savoir un peu plus http://blogue.sciencepresse.info/environnement/item/291). A Norfolk, comme dans beaucoup de villes de France, on trie les dechets, on peut choisir dans beaucoup de magasins des sacs en papier plutot qu'en plastique etc. Et meme si, avec leurs voitures enormes et polluantes, les progres individuels sont encore a faire, la realite est encore une fois a nuancer par rapport a ce qu'on apprend dans les livres...

    Cinquieme idee fausse : les Americains sont tres individualistes. Faux, faux et archi faux. Oui, leur systeme social par exemple est moins fonde sur la solidarite collective que le notre. Mais la solidarite individuelle est au coeur du pays. Au niveau des entreprises d'abord: le nombre de fondations a but caritatif est hallucinant et les sommes donnees colossales (cf. fondation Bill Gates). Au niveau des citoyens ensuite: les nonbreuses paroisses distribuent chaque semaine de la nourriture aux sans abris; au supermarche, on peut acheter des "box" de nourriture qui seront donnes aux necessiteux; les hopitaux de mecenes existent pour permettre aux enfants de familles pauvres d'avoir un acces aux soins decent. Alors c'est vrai que cela peut paraitre choquant pour nous, Francais, que ce soit les citoyens et non la collectivite qui soit solidaire. Mais c'est un modele comme un autre, qui a ses rates (mais le notre est il parfait) certes, mais qui ne laisse pas les plus faibles au bord du chemin. Enfin, plus anecdotique mais assez revelateur : toutes les voitures s'arretent au passage pieton ou vous laissent vous inserer sur l'autoroute, on vous tient la porte en entrant dans un magasin ou on vous s'excuse de vous avoir bouscule au supermarche... Ainsi, c'est la premiere fois que nous avons ete accueilli par nos voisins avec des fleurs et un mot de bienvenu sur la porte... Des petites choses qui rendent les relations sociales bien plus chaleureuses.

    Sixieme idee fausse : les USA, le pays de la liberte. Oui, on est libre de pratiquer la religion qu'on veut, de creer sa propre religion meme (futurs adeptes du castoricisme, envoyez moi un mail pour vous renseigner sur les tarifs lol). Mais c'est a peu pres tout : impossible de boire sa biere tranquille dans le jardin (sinon amende), de ne pas tondre sa pelouse pendant 2 semaine (sinon amende), d'aller en maillot de bain a la piscine (c'est indecent donc amende) etc. Tu vas au karting, tu signes une decharge en cas d'accident, tu as un casque, un protege nuque, la ceinture de securite. Tu achetes un produit, tu as 20 pages de notice pour te mettre en garde et te dire quoi faire ou pas. Tu vas au supermarche, on te dit a quelle caisse aller. Tu es au telephone, tu es prie de faire attention car tu es ecoute (veridique...). Bref, tu es libre mais bon, on a quand meme fait mieux dans le monde... Ce qui en resulte est un certain manque d'initiatives : quand un imprevu arrive, beaucoup de gens sont desempares et en refere a leur superieur hierarchique... Alors imaginez quand un francais arrive au Social Security Office pour un probleme de secu...

Je vais arreter la mon histoire. Je la completerai au besoin et au fil de mes decouvertes. D'ici la portez vous bien. A tres bientot pour de nouvelles aventures au pays de Martin Luther King dont c'est le jour de celebration aujourd'hui, lundi 15 janvier (donc ferie : YES).

Castor
par Castor publié dans : Analyses sur les US
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Vendredi 12 janvier 2007
Bonjour a toutes et tous!

    Juste un petit article pour pousser le coup de gueule de la semaine. On nous annonce la campagne presidentielle de 2007 comme l'une des plus passionnantes depuis des annees, nous montrant ces milliers de personnes se ruant dans les mairies pour s'inscrire sur les listes comme  on se rue au Virgin Megastore des Champs pour etre le premier a acheter la Wii, nous presentant les 2 challengers, casaque rouge et casaque bleu, comme des chantres de la rupture avec une politique dotn ils sont des aparatchiks depuis des annees etc. Et pourtant, je n' y vois moi qu'une tendance forte a l'americanisation de notre systeme politique, ce qui n'est pas pour me rassurer...
   
    Developpons un peu: avant tout, la bipolarisation de cette campagne est reelle; on ne peut nier le fait que l'UMP et le PS, sans confisquer la campagne, tout du moins en sont les principaux acteurs. Il est vrai que la dispersion des voix en 2002 du fait du nombre de candidatures a ete un facteur determinant de l'arrivee de Le Pen au seconde tour, et, par la meme, je pense, une terrible preuve de la perte du sens profond d'une election presidentielle (qui, normalement, ne sert pas a contester mais a choisir une personne dont on pense qu'elle dirigera au mieux la France pendant 5 ans...). Pour ces raisons, de tels exces doivent etre evites dans le futur. Mais doit on pour autant limiter le champ du debat aux gueguerres de personnes UMP/PS ? Est il normal que tant de candidats aient les pires difficultes a rassembler les 500 signatures? Car s'il est vrai que la montee en puissance de "gros" partis peut permettre d'eviter certaines derives extremistes, cela ne doit pas etre un moyen d'etouffer tout autre courant, externe (cf. l'UDF) ou interne...

Deuxiemement, la theatralisation du champ politique prend le pas sur le debat d'idees : l'election triomphale du president de l'UMP a la tete du parti il y a peu, dans un show tres americain, donna le ton. Les debats internes du parti socialiste, longue suite de monologues prepares, archi prepares et archi-re-prepares, tels les debats entre candidats democrates et republicains, confirmerent la premiere impression : dans la forme, notre monde politique s'americanise.

    Troisieme point, la facon de mener la campagne tombe a des niveaux de bassesse rarement atteints. Et il faut quand meme souligner a quel point le parti socialiste est doue pour cela, a l'instar du parti republicain americain (pourtant leur ennemi jure). J'en veux pour preuve la note de plus de 100 pages, sortie cette semaine et essayant de prouver que le candidat UMP est "neoconservateur americain a passeport francais"  qui, a mes yeux, frise le ridicule. Cela prouve deja une meconnaissance certaine de la notion de neo-conservatisme, extremement specifique... Mais dans cette phrase, il y a les mots "conservateurs" et "americain", deux mots suffisants pour diaboliser quelqu'un aux yeux d'une certaine frange de la population francaise qui n'a certainement jamais mis les pieds sur le sol US et ne connais ce pays qu'a travers le prisme deforme et deformant de notre journalisme. En tous les cas, cette campagne ne semble etre qu'une succession de petites phrases, non prononcees par les candidats eux-memes mais par leurs porte-flingues accredites. A quand les spots de pub balancant les pires saloperies sur le candidat d'en face et finance par des groupuscules non officiels mais soutenus par les partis? On y arrive, pour peu que Karl Rove accepte de donner des cours aux conseillers en communication de l'UMP et du PS...

    Pour conclure, je tiens donc a dire que nos politiciens ont beau jeu de critiquer la politique outre-atlantique (il est vrai que balancer des enormites sur le systeme americain, pour peu qu'elles soient negatives, c'est tres tendance et ca fait gagner plein de voix) si c'est pour adopter les plus mauvaic cotes de son systeme... RDV en 2012 pour voir si la tendance s'accentue. Et d'ici la, ayons l'esperitude que le temps des debats utiles arrive enfin : la France en a besoin.

Castor

PS: pour vous rendre vraiment compte de l'enormite monstrueuse sur le neoconservatisme realisee par le PS, un lien vers l'article correspondant de Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9o-conservatisme
par Castor publié dans : Reflexions personnelles
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Mardi 9 janvier 2007
Bonjour a toutes et tous,

Je vais profiter de ce sejour en plein coeur des US pour donner ma vision de ce pays que je considere maintenant comme tres mal connu par nos concitoyens francais. Au programme donc deux articles : le premier sur les idees vraies que l'on peut avoir sur ce pays, le second, plus etonnant, sur les idees fausses que nous aimons vehiculer et qui contribuent a alimenter un certain antiamericanisme plutot vivace chez nous.

Premiere partie donc : les idees vraies.

- les voitures : c'est vrai qu'elles sont dans l'ensemble plus grosses qu'en France. Il n'est donc pas rare de croiser ici des Pick-ups qui feraient  de l'ombre a un bon gros X5 de BMW.
Et si les petites japonaises se sont taillees une part non negligeable du marche, tout foyer normalement constitue dispose d'un voire deux vehicules type 4x4. Donc oui, les voitures a la Jack Bauer, ce n'est pas un mythe,bien au contraire !


- l'obesite : c'est malheureusement une realite. Car si notre ami BHL n'a pas trouve qu'il y avait specialement plus de gros aux USA qu'en France, c'est qu'il avait du mettre ses lunettes a l'envers. Difficile de degager une proportion mais il est vrai qu'il y a enormement de personnes en surpoids visible et beaucoup d'obeses comme on en voit assez peu chez nous. Ce n'est cependant pas une surprise : avec des portions de nourriture version  "maousse costaud", des fast-foods aux prix derisoires (1 dollar le burger, portions avec soda a volonte), un mode de vie assez sedentaire (on marche peu, tout se fait en voiture) et une manie de mettre du sucre dans tous les plats (le matin dans le lait, mettez du Van Houten pur cacao et buvez : inutile de sucrer!), on comprend grandement les causes du desastre et ce d'autant plus que la societe americaine est particulierement "deculpabilisante" : pas de dicature de la minceur,meme l'ete). Car c'est la sante de millions d'Americains qui est en jeu. Et c'est malheureusement un combat qui semble loin d'etre gagne.

- la nourriture : dignes heritiers de leurs freres britanniques, nos amis americains sont particulierement doue pour les melanges "bizarre", tout en nous epargnant la sauce menthe, fort heureusement. Et quand vous allez au resto, il n'est pas rare qu'on vous serve votre plat...entre deux tranches de pain! Donc pas facile pour un gastronome de satisfaire son appetit a moindre frais...car les bons restos existent si l'on peut en payer le prix!

- la demesure : eh oui, ici tout est grand. A Norfolk, la moindre route est de la taille de la N20. Le pont de Chesapeake Bay qui relie Norfolk a la peninsule est immenssissime (cf. photo).
En rentrant dans une maison, on est choque par les dimensions du four (ben oui, il faut bien pouvoir rentrer la dinde de Thanksgiving) ou la profondeur des eviers. Meme Norfolk a son Central Business District avec ses hautes tours. Il faut dire : ave tout l'espace dont ils disposent, pourquoi les USA n'adopteraient-ils pas une utilisation extensive de l'espace.Malheureusement, on connait les consequences environnementales que cela peut avoir : utilisation surintensive de la voiture, gaspillage etc. Bref, des progres individuels et collectifs sont a faire meme si les Etats sont assez dynamiques (bien plus que l'Etat federal) (cf. tri selectif a Norfolk, voies reservees aux voitures avec plus de 3 personnes etc.)

- l'accent : c'est horrible. Peut on encore appeler ca de l'anglais? Eux memes disent que ce sont deux langues differentes. Selon les personnes qui la prononcent, la phrase "it's raining, where is my umbrella?" peut devenir un vrai cauchemar a decrypter...

- la police : a tous les pseudos defenseurs de la liberte qui accusent la France de devenir un Etat policier, qu'ils viennent faire un tour au "pays des libertes" que je definirais plutot come le "pays des libertes encadrees". La police est tres presente et tres visible. Et pas d'entourloupe : la gachette est parfois facile et la sanction inevitable quand on s'est fait attraper (eh oui, la moindre amende engendre un malus sur l'assurance. Imaginez ca en France...)

- l'importance des regles dans les relations sociales : tondre sa pelouse pour preserver la qualite de vie du "neighbourhood", dire "hi how are you doing" avec un grand sourire a toute personne dont on croise le regard plus de 3 secondes en continu etc. : les conventions sociales sont reelles et a respecter sous peine d'etre pris pour un malpoli voire reprimander.

- le patriotisme : eh oui, ici, patriostisme n'est pas synonyme de reac de droite. Et c'est tant mieux : les 300 millions d'Americains, de Los Angeles a Washington, ont tous le sentiment d'etre une seule et meme nation grace a ce sentiment patriotique tres pregnant dans presque tous les actes de la vie quotidienne.
En allant chez ton garagiste, tu peux repartir avec ton autocollant "God Bless America"; en allant au base ball, tu chanteras l'hymne debout la main sur le coeur et tu chanteras a nouveau en pensant aux soldats morts pour la patrie. Enfin, tu planteras un drapeau devant chez toi et pas seulement pour le 4 juillet. S'il est vrai que ce patriotisme peut parfois tourner au ridicule, on comprend la necessite de le preserver pour maintenir le lien social et pour eviter que le pays ne se desolidarise a outrance et perde son identite (pour comparer, essayez de trouver un moyen de donner a tous les citoyens depuis Brest jusqu'a Minsk le sentiment d'etre membre d'une meme nation et vous verrez que ce n'est pas gagne d'avance...). Et puis, cela fait toujours chaud au coeur de voir des gens croire en leur pays et rendre hommage a tous ceux qui l'ont defendu de leur vie a travers les annees (je parle bien entendu des soldats et non des politiciens aux decisions parfois vaseuses qui sacrifient des hommes pour aller au bout de leur politique...)

Je vais arreter ici mon inventaire a la Prevert qui aurait pu s'enrichir encore de "l'importance du business", du "client roi", du "gateau degeu a la creme pour les anniversaires" ou de la "tele poubelle avec des pubs tous les quart d'heure". Mais je ne veux pas vous lasser... et en garde sous le pied pour d'autres aventures ;-)

A bientot tout le monde, j'espere que ca vous a plu. Et reagissez dans les comentaires!
Et tres vite le volume 2 : les idees fausses... Vous aurez beaucoup de surprises...

Castor

NB: loin de moi l'idee d'etre exhaustif et d'affirmer que mes propos valent pour tous les Etats Unis. Je ne fonde mes affirmations que sur mon vecu et celui des gens qui m'entourent dont certains Americains de souche. Je suis persuade qu'en de nombreux lieux, on peut trouver des contre-exemples a mes propos (New York n'est certainement pas Norfolk). Mais je pense qu'a Norfolk, bien plus qu'a LA, San Francisco, Boston ou Chicago, j'ai un bon apercu de ce qu'est le coeur de l'Amerique.
par Castor publié dans : Analyses sur les US
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Dimanche 7 janvier 2007
Bonjour  a toutes et tous,

Pour ce premier petit article, je veux juste vous donner un petit apercu de la region ou je suis. Je suis donc a Norfolk en Virginie. La carte ci-dessous donne une bonne vue de la situation.

Concretement, Norfolk se situe a environ 300 km au sud de Washington. Il s'agit de l'une des plus grandes base navale militaire du monde. L'activite y est essentiellement industrielle, avec tout de meme un pole d'excellence dans le domaine de la simulation. Le climat est plutot agreable, avec des hivers moins froids qu'a New York et des etes moins chauds qu'en Floride. En outre, la Virginie est un Etat historique du pays : en 2007, il fetera ses 400 ans. C'est en effet a quelques km de Norfolk, a Jamestown, que le capitaine John Smith a debarque en 1607, tombant amoureux de Pocahonts, fille du chef de la tribu des Powathans (toute cette histoire est veridique, je n'ai rien vole a Mickey ;-)
La region de Norfolk s'appelle Hampton Roads et comprend une quinzaine de villes pour un total de 1,6 millions d'habitants. On trouve un peu tous les styles d'agglomeration : Williamsburg ressemble a Troyes avec ses nomreux magasins d'usine (welcome les bonnes affaires : jusqu'a 50% de reduc sur des grandes marques comme CK ou Ralph), Virginia Beach est comme Cannes en + moche (la Cote d'Azur en + betonne...).
Cette region est assez dynamique, notamment grace a une situation geographique excellente aux US et grace a un port de conteneurs exceptionnel en terme de qualite et de taille.

Pour finir, mon stage est particulierement lie a la region d'Hampton Roads. En effet, je travaille a la Hampton Roads Economic Development Alliance.
Le role de cet organisme est de faire venir des investisseurs dans la region, aussi bien internationaux que americains. C'est un travail particulierement interessant, a la frontiere entre le marketing, le conseil et le commercial. L'aspect international est preponderant et tres stimulant... Et les projets se deroulent sur le long terme ce qui est  vraiment valorisant.

Pour conclure, n'hesitez pas a  donner votre avis si vous avez des precisions a ajouter ou si vous voulez des precisions supplementaires!
J'ai en tout cas moi meme une question pour vous : savez vous s'il existe en France des organismes comme celui dans lequel je fais mon stage aux USA ? Si vous avez des infos, dites moi tout!

A tres bientot tout le monde pour d'autres histoires americaines

Castor
par Castor publié dans : Generalites
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Samedi 6 janvier 2007
Bonjour a tous,

Bienvenue sur le blog du castor. Je profite de mon stage aux USA pour ouvrir ce blog afin de vous faire decouvrir ce pays fort mal connu... Car nombreux sont les prejuges sur ce pays que je vais tenter de decrire au mieux par mes experiences la bas!
Mais vous trouverez aussi d'autres choses qui me passionnent : sport, politique, actu etc. Bref : j'attends tous vos commentaires pour susciter des debats intenses et fructueux, dans le respect de chaque contribution.

Bonne visite!

Castor

par Castor publié dans : Generalites
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